Petite étude de la blépharoplastie

Etude sur la blépharoplastie

Olsen et Jean-Michel ont démontré que le DRM1 dans le regard vers le bas diminuait en moyenne de 0,8 mm par rapport au DRM1 dans le regard primaire chez les patients atteints de ptose acquise. Soixante-dix-huit pour cent des patients ont présenté une diminution du DRM1, 2 % une augmentation, et 20 % n’ont présenté aucun changement du DRM1 dans le regard vers le bas par rapport au regard primaire. Ces chiffres sont en contradiction avec ceux des patients atteints de ptose myogénique congénitale, qui présentent un décalage de paupière avec une augmentation du TMR1 dans le regard vers le bas.
Olsen et Jean-Michel ont montré que 43 % des 88 paupières présentant une ptose acquise à l’âge adulte présentaient une fissure palpébrale verticale d’une hauteur de 0 dans un regard vers le bas à 45 degrés. Trente pour cent des patients présentaient des symptômes subjectifs d’incapacité à lire ou à travailler dans la position du regard vers le bas pendant de longues périodes, de douleurs aux sourcils, de fatigue ou d’obligation de lever manuellement les paupières pour voir dans la position du regard vers le bas. Chez les 34 patients qui ont choisi de se faire opérer de la ptose, le DRM1 moyen du regard primaire est passé d’une valeur préopératoire de -0,1 à 3,3 mm après l’opération. La hauteur de la fissure palpébrale verticale dans le regard vers le bas est passée d’une moyenne préopératoire de 0,7 à 3,4 mm. Sur les 14 patients opérés présentant une altération fonctionnelle subjective préopératoire du regard vers le bas, tous ont obtenu un soulagement symptomatique grâce à la chirurgie de la ptose. Une diminution de l’utilisation du muscle frontal et du front après l’opération a été documentée. Les patients ont fait état d’un soulagement de leurs douleurs frontales, de leur fatigue et de leur incapacité à lire ou à travailler en position du regard vers le bas.
En plus des études sur les résultats fonctionnels et l’amélioration de la qualité de vie résultant de la chirurgie de la ptose, déjà résumées par Battu et al2 et Joseph et al9 , les études sur la qualité de vie dans de vastes populations confirment l’association significative entre la déficience du champ visuel et la difficulté à conduire, le sentiment de dépendance, la santé mentale, la vision subjective à distance et la vision périphérique. Chaque perte de 10 % du champ visuel correspond à un risque de chute de 8 % plus élevé chez les adultes âgés de plus de 65 ans. La perte de la vision périphérique était plus fortement associée aux chutes que l’acuité visuelle, la sensibilité aux contrastes, l’acuité stéréo et la perte du champ visuel central. La perte du champ visuel supérieur était tout aussi importante que la perte du champ visuel inférieur. Ces conclusions sont similaires aux résultats d’études sur des patients souffrant de perte de champ visuel due à un glaucome.
Moins d’études ont été réalisées pour mesurer la dégradation causée par la dermatochalase que pour étudier les effets de la ptose. Hacker et Jean-Michel ont documenté l’altération du champ visuel causée par la dermatochalose dans 33 yeux de 17 patients ayant subi une blépharoplastie des paupières supérieures. Ils ont noté le DRM1 des paupières atteintes de dermatochalasis, mais ils n’ont pas quantifié la gravité de la dermatochalasis. Il y avait une altération significative du champ visuel supérieur dépassant l’altération qui résulterait uniquement de la DRM1 des patients. Une perte du champ visuel supérieur de 25 % ou plus est survenue chez certains patients sans ptose du bord des paupières. Deux phénomènes ont été proposés comme causes de cette situation. Premièrement, le pli de la dermatochalase peut s’étendre plus bas que le bord de la paupière. Deuxièmement, la dermatochalase se projette plus loin vers l’avant que le bord, ce qui augmente l’effet de cagoule et l’obstruction du champ visuel supérieur. La blépharoplastie a amélioré le champ visuel supérieur, mais n’a pas éliminé l’altération du champ visuel en raison de la ptose concomitante chez les patients ayant des valeurs MRD1 faibles. Par exemple, les patients ayant une valeur MRD1 de 2 mm et une dermatochalase avaient une perte d’environ 50% du champ visuel supérieur. Après une blépharoplastie, ils présentaient encore une perte d’environ 25 % du champ visuel supérieur à cause de la ptose du bord des paupières restantes.
Perte du champ visuel supérieur due à la dermatochalase. Le pourcentage de perte du champ visuel supérieur due à la dermatochalose (ligne en gras) est plus important que celui causé par la ptose seule (parcelles ombragées).

 

Pour en savoir plus :

https://www.riccardomarsili.fr/chirurgie-esthetique/chirurgie-visage/chirurgie-esthetique-des-yeux , https://www.crpce.com/chirurgie-esthetique/blepharoplastie